Les Arcs-en-ciel rouges
Dans ce troisième ouvrage, Les Arcs-en-ciel rouges, je raconte l’histoire d’un amour fou au destin tragique entre deux adolescents dans la campagne cruelle des années 1950. Un roman sulfureux et troublant sur les thèmes de l’amour et de la folie.
Sera auto-édité en juin 2026
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Résumé
La campagne des années 1950. Louise a 16 ans. Elle est amoureuse de Jules. Il la soigne des mauvais traitements qu’elle subit. Jules adore Louise. Dans les beaux yeux verts de son amour, il puise la force d’affronter son propre destin.
Un jour, une décision injuste précipite les deux adolescents dans une tragédie romanesque. Sortiront-ils indemnes du tourbillon de cette nouvelle vie qu’ils n’ont pas choisie ou seront-ils vaincus ?
Nice
2 juillet 2024 – 27 septembre 2025
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© Francis Ray - 2026
Extrait
Un policier saisit fermement le bras de Louise, qui essayait de fuir. Elle poussa un cri de douleur. L’homme lui intima l’ordre de se tenir tranquille et de la fermer. Louise gigotait, tentant de s’échapper, comme une bête coincée dans un piège. Elle se cambra, ses genoux fléchis, cherchant à utiliser son poids pour faire tomber celui qui la retenait. Mais elle glissait sur le sol mouillé. Elle manquait de force, malheureusement. Le seul résultat qu’elle obtint fut de faire valser le képi du gendarme dans la boue. Elle hurlait qu’elle refusait de les suivre, qu’elle ne voulait pas monter dans leur voiture, plutôt mourir, qu’elle les détestait et les maudissait, eux et toutes leurs familles. Elle souhaitait rester auprès de moi. Son visage, rouge et ruisselant de larmes, me regardait et me demandait d’intervenir, de la sauver, de tuer celui qui la retenait. J’ai ressenti une profonde impuissance et un sentiment d’inutilité, ce qui m’a rempli de honte ; je regrettai de n’avoir que quatorze ans… heureusement pour l’agent. L’envie de le tuer et de le faire souffrir, de le torturer pour avoir touché Louise jaillit et me dévoila un côté de ma personnalité que je ne connaissais pas encore, mais qui déjà me plaisait. Je sentais une rage féroce monter du plus profond de mes entrailles. Ne pouvant pas déguerpir, Louise a alors donné un méchant coup de pied dans les jambes du policier, celui-ci grimaça et lui asséna une gifle qui la calma un peu. « Tu vas te tenir tranquille une bonne fois pour toutes, oui ou merde !... Et ferme-la, sinon je t’en colle une autre ! » cria le gendarme. Louise continuait à hurler et essayait de s’échapper de la poigne en acier du policier. Je l’aurais tué sur le champ, sans aucun état d’âme, ce salopard. Cela me répugnait de le voir la traiter comme une délinquante, sans aucune compassion. Le gendarme qui accompagnait Louise la poussa brutalement et l’entraîna vers la voiture, il appuya sa main sur sa tête pour l’empêcher de se cogner au toit et la poussa brutalement sur le siège arrière. Cependant, je perçus ce geste comme une attaque envers mon cher et tendre amour, ce qui me remplit de colère et de tristesse.
Louise gémit, visiblement mal à l’aise, et je partageais sa souffrance, mais je ne pouvais m’empêcher de me demander pourquoi ils agissaient de la sorte. À travers la vitre de la porte arrière, Louise m’a regardé en passant, seule et désespérée. Ses yeux verts magnifiques et ses joues étaient baignés de larmes. Son visage et ses mains grandes ouvertes, collées contre la vitre, imploraient de l’aide. J’ai vu une prison dont elle ne sortirait jamais. Je n’ai pas pu m’y résoudre. Je me suis élancé et j’ai couru à côté de la voiture, ma main sur la vitre, sur celle de Louise. Un geste désespéré, en harmonie avec ce que je ressentais. Louise pressa fort sa main contre la mienne, mais la vitre nous séparait en vain. J’ai senti toute la puissance de ses vibrations intenses, rouge profond avec un soupçon de bleu azur et de vert émeraude, des teintes qui s’assombrissaient. Ses yeux m’ont fixé comme si elle avait décidé que je serais la dernière image qu’elle emporterait avec elle. La voiture accéléra sur le chemin de terre, pas très fort au début, ce qui me permit de garder ma main sur celle de Louise. Je hurlai son prénom.
— Louiiise !.... Louiiiisseee !! et dans ce dernier cri, je ne reconnus pas ma voix, un cri de bête à l’agonie.
Louise a aussi hurlé mon prénom. Je courais, sans reprendre mon souffle, puis la voiture a accéléré, le chemin devenant meilleur. Ma main a glissé sur la vitre, puis sur la carrosserie, et, quand il n’y eut plus que du vide sous mes doigts, j’ai su que j’avais perdu Louise pour toujours. Je me suis effondré, emporté par ma course. J’ai roulé sur le sentier pierreux et détrempé et je suis resté là, abattu, couvert de boue, prostré sous la pluie, meurtri, en larmes, anéanti, regardant la voiture qui emportait mon amour. Je n’avais jamais été aussi malheureux…
— Jules ! Tu te ramènes ici tout de suite ! Qu’est-ce qui te prend de courir après la bagnole des flics, tu te prends pour un clebs ou quoi ? Même Piros, qui est con comme une bite, ne le fait pas ! Non, mais, il lui manque une case à ce môme !! Hein Edmond ?! T’en dis quoi ? Ha ha ha !! Non mais, quel con !!
Ces quelques mots criés par ma mère demeurèrent les seules paroles réconfortantes que j’entendis. Je n’en attendais pas d’autres ; c’était mieux que rien…
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© Francis Ray - 2025 - 2026
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